Pourquoi est-il important de lutter contre les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ?

Piéger des animaux est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre. Cependant, depuis le développement des moyens de transport des personnes et des marchandises, des espèces (animales et végétales) ont eux aussi pu voyager, rompant ainsi l’équilibre écologique de nombreux territoires.

Nuisibles ? Pas tout à fait

Depuis la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016, nous ne devrions plus parler d’animaux « nuisibles », terme jugé trop péjoratif. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous devons parler d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD). Cette modification avait été opérée dans le but de changer le regard de notre société sur ces animaux jugés indésirables. Le terme nuisible supposerait que l’animal est néfaste par nature, or il n’en est rien, chaque animal a évolué dans son propre écosystème, mais la mondialisation est venue mettre du désordre dans la nature.

On peut d’ailleurs préciser que les espèces exogènes classées ESOD sont la deuxième cause de perte de la biodiversité, du fait de leur reproduction rapide, de leur manque prédateur naturel et de leur mode de vie.

Comment justifie-t-on la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ?

Différents facteurs sont pris en compte lors de l’élaboration de la liste. Il en va à la fois de la santé et de la sécurité publique, dans le but de prévenir les dommages causés sur la faune et la flore mais aussi des maladies potentiellement transmissibles à l’Homme. Il en va également pour la prévention des dommages pouvant être causés aux particuliers mais surtout sur les activités agricoles, forestières ou aquacoles.

Les départements sont donc tenus de récolter des informations sur les activités des animaux mis en cause, puis de transmettre au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire les données relatives aux dégâts occasionnés et aux prélèvements effectués dans l’année. Avec ces éléments, le ministère établit des listes par département, regroupés en 3 catégories :

  1. Espèces exogènes classées par arrêtés ministériels annuels, sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ils sont piégeables toute l’année et en tout lieu.
  2. Espèces classées nuisibles par arrêtés ministériels triennals, sur proposition du préfet, après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS).
  3. Espèces qui, figurant sur une liste ministérielle, peuvent être classées nuisibles par arrêté préfectoral annuel.

Exceptions faites des battues administratives, qui elles sont ordonnées par les maires et les préfets. Ici pas de liste, c’est le critère de nécessité qui est retenu.

Votre participation compte !

Pour continuer à conserver une liste d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts la plus correcte possible, il est très important de signaler les dégâts causés. Ces signalements passent par vous : piégeur, chasseur, garde particulier, déterreur, particuliers ou toutes autres personnes concernées. Ces signalements sont nécessaires pour que le préfet puisse constituer un dossier solide à transmettre au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire.

Cela se fait par des attestations que vous pouvez directement récupérer auprès de votre fédération de chasse.

Les impacts

Les impacts sont différents selon les espèces concernées ainsi que leur écosystème. 

Dégâts sur la biodiversité

Les forêts sont impactées par le grand gibier qui ne cesse de croître, parmi ces aniamaux, se trouve d’ailleurs le sanglier. Avec son groin, il fouille le sol à la recherche de nourriture (vers, fruits forestiers). De ce fait, il déterre les jeunes semis forestiers (chêne, hêtre, sapin…), pouvant nuire gravement à la régénération de la forêt. Leur nombre étant à la croissance, les dégâts causés n’en sont que plus conséquents.

Les berges sont également menacées, puisque les ragondins et les rats musqués accélèrent leur érosion, les rendant plus fragiles et impactant grandement le fonctionnement du cours d’eau, surtout quand il s’agit de linéaires importants. 

On peut également parler de domination des espèces exogènes sur les espèces indigènes, comme par exemple avec le vison d’Amérique. Sa présence sur notre continent pose un sérieux problème puisqu’il rentre en concurrence avec une espèce déjà gravement menacée, le vison d’Europe.

Dégâts matériels

Ce sont des dégâts que l’on peut principalement retrouver chez soi, notamment avec les rongeurs tels que les mustélidés ou les rats :

  • Le bois et les fils électriques sont rongés. 
  • L’isolation est détruite. 
  • Les infrastructures sont fragilisées, notamment avec la fiente du pigeon ramier qui est corrosive. 

On peut également ajouter à ça les nuisances sonores et olfactives que peuvent occasionner ces animaux lorsqu’ils élisent domicile chez vous.

Impact sur la santé et la sécurité publique

Certaines espèces susceptibles d’occasionner des dégâts sont porteuses de maladies transmissibles à l’Homme. Nous pouvons en citer deux principales :

  • La leptospirose
  • L’échinococcose alvéolaire

On peut attraper ces maladies lorsque l’on rentre en contact direct avec l’animal infecté, comme le rat, le rat musqué, le ragondin, le renard… Ou lorsque les aliments sont contaminés. C’est pourquoi il est toujours conseillé de nettoyer des fruits et légumes avant de les manger et qu’il ne faut jamais ramasser de fruits en forêt à même le sol.

Impact sur l’agriculture

Les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts peuvent sévèrement impacter les rendements agricoles par leur consommation importante. Les corbeaux, les ragondins, les sangliers… En grand nombre, ils peuvent faire des ravages dans les champs et pénaliser les agriculteurs, qui se retrouvent donc en première ligne.

Impact économique

La facture est forcément élevée dû aux nombreux dégâts que ces animaux, anciennement nommés « nuisibles », causent. C’est pourquoi il est nécessaire de continuer à réguler et à lutter contre ces espèces qui, sans intervention de l’Homme, causeront davantage de dégâts impactant toujours plus la biodiversité française.

Petit rappel

Rappelons quels sont les animaux considérés comme ESOD à ce jour en 2021 :

Groupe 1 :

  • Bernache du Canada
  • Chien viverrin
  • Vison d’Amérique
  • Raton laveur
  • Ragondin
  • Rat musqué

Groupe 2 :

  • Renard
  • Fouine
  • Martre
  • Putois
  • Belette
  • Corneille noire
  • Corbeaux freux
  • Pie bavarde
  • Geai des chênes
  • Étourneau sansonnet

Groupe 3 :

  • Lapin de garenne
  • Pigeon ramier
  • Sanglier

Journal du chasseur

2 commentaires sur “Pourquoi est-il important de lutter contre les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ?

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